Cine7Inne

Cine7Inne

Le cinéma est inné, on naît avec, on vit avec, on meurt avec !


Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Publié par Cine7Inne (Alex*56*) sur 7 Mars 2015, 15:53pm

Catégories : #Critiques de films, #Comédie, #Policier, #Drame

Ma première expérience avec un film de Paul Thomas Anderson pour information, mais je savais dans quoi je m'embarquai grâce à mes amis cinéphiles ! Après avoir vu Inhérent Vice je classerai ce film dans les expériences scénaristiques, comme j'ai pu en avoir l'an dernier avec Maps to the Stars de Cronenberg ou encore le Zero Theorem de Terry Gilliam, bien qu'ayant préféré ces deux derniers ! Avant de voir le film, je me suis demandé si j'arriverai à comprendre la vision de PTA, et finalement on comprend toujours le film qu'on regarde, mais à sa façon ! Il ne faut pas s'inquiéter de ne trouver aucun sens à certains passages, car parfois il n'y en a pas. Ici je ne dirai pas que le scénario soit du non-sens attention, mais c'est comme un noyau autour duquel tourne des électrons libres. Mais je me perd dans des métaphores abstraites là ! Pour revenir au film je m'attendais à un truc bien plus terre-à-terre, malheureusement...

L'article peut contenir des spoilers attention !

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Synopsis : L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple…
C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Sous ces airs de trip psychédélique au suspens multiples, Inhérent Vice n'est qu'un nouvel hymne à la vie, aux souvenirs d'amours ! Je dois avouer que le délire de PTA n'est pas vraiment ma tasse de thé, son récit est trop fragmenté pour en donner une cohérence palpable, mais j'ai quand même réussi à sortir de mon cerveau une interprétation du film dans les grandes lignes : Le personnage de Doc (Joaquin Phoenix) est sollicité un soir par son ex-petite amie, Shasta. Elle lui demande donc de l'aider à régler un problème de complot avec un mélange d'amants terribles, d'argent, de magnat de l'immobilier etc. Le problème c'est que Doc va finir par s'investir bien plus personnellement lorsqu'un événement va le pousser à franchir ses limites émotionnelles. Autour de ça, ce noyau dur, viennent graviter plusieurs électrons, sortes de données arrivant massivement dans la caboche du spectateur pour mieux le perdre...

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Mais pour parler du scénario en lui même - il va surement falloir un bon paragraphe là ! - je n'ai pas trop apprécié, il y avait trop de longueurs, le film aurait très bien pu être amputé de trente bonnes minutes, car Paul Thomas Anderson s'obstine à rester dans une histoire alambiqué de bout en bout... Même si l'écriture et la mise en scène sortent clairement de la norme cinématographique. Ça part dans trop de direction à la fois pour moi, une digression freine le film et force le spectateur à s'impliquer à 3 000 %, l'obligeant à le suivre dans son trip, mais les plus sensibles s'y perdront peut être avec délectation, dans ce voyage historique et initiatique du hippie des Seventies américaines !

Malgré tout le propos reste intéressant, je veux plus parler du contexte historique ou s'entrechoque les illusions américaines des années 70. En témoigne la fermeture des asiles psychiatrique au profit des institutions privées, la vision du hippie et ses rapports souvent antipathique avec la police. Et puis il faut resituer le film dans son contexte politique de l'époque, car au début des années 70 c'est la fin de la guerre du Viêt Nam et la popularité du président Nixon n'est pas vraiment au beau fixe, en témoigne le petit passage sympathique à la télé ou Coy interpelle verbalement le président Nixon lors d'un discours présidentiel. Et puis viendra plus tard la fameuse affaire du Watergate qui entraînera sa démission, mais je vais peut être un peu trop loin là !

En tout cas je n'ai pas cédé au "Trip PTA", et à sa réalisation un brin tordue !

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

En dépit de ce scénario au fond trop alambiqué, il reste la forme qui est très contrôlée ! Notamment grâce à une photographie sublimant les teintes rétro du long métrage, un côté vintage onctueux qui raccroche les égarés du fond scénaristique, à un intérêt notoire. C'est donc ici que j'ai trouvé mon intérêt pour le film, un échappatoire vintage ou le réalisateur transpose la "coolitude fumante" de ses personnages. Surtout le personnage de Doc, mais en même temps on a pas le temps de s'attarder sur un quelconque individu dans ce film, c'est une galerie de personnages qui sont interchangeables au coté de Joaquin Phoenix tels des remplaçants prêts à faire leur devoir de servitude. Car pour moi ses personnages ne font que graviter autour de Doc et Shasta, ils n'ont aucune importance finale dans le récit. Ils créent juste des scénettes apportant des indices aux spectateurs vers un salut final.

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Malgré tout je garde quelques scènes en tête ! Comme celle ou Doc et "Bigfoot" sont dans une voiture et que Bigfoot est en train de manger, de façon très salace, une sorte de saucisse sous le regard abasourdit de notre bon vieux hippie aux rouflaquettes. Et ce genre tendancieux entre ces deux personnages va se répéter plusieurs fois au court du film, avec la même arme du crime, cette fameuse saucisse (ou plus précisément un Corn Dog si je dis pas de bêtises !).

Le film n'est pas dénué d'autres scènes cocasses comme celle-ci, je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai rigolé, mais j'ai souris à plusieurs blagues faisant références à notre culture.

Il y a une scène qui m'a également fait penser aux "12 apôtres" de Léonard De Vinci, celle ou le personnage d'Owen Wilson se fait prendre en photo lorsqu'il se penche pour prendre une part de pizza (ou autre, je n'ai pas fait attention), alors que tout les autres discute ! Troublante vision que je me suis fait là... Mais je pense malgré tout que ce n'était pas anodin de la part du réalisateur, sinon il a vraiment un inconscient très troublant !

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Et l'amour, ah l'amour ! Ce n'est au final que de ce sentiment bien merveilleux et douloureux à la fois qu'il s'agit dans ce film. Cet amour qui est mis à l'épreuve du temps, on le voit se consumer puis se raviver dans les yeux de Larry "Doc" Sportello, et cette diablesse de Shasta qui le torture du début à la fin, le tourmente dans ses sentiments, elle passe de l'ange à la succube. C'est encore une fois cette force vitale qui régit notre monde, ici c'est pareil pour tout les personnages, de Coy qui s'éloigne par amour de sa famille, de Bigfoot qui justement agit désespérément seul après la perte de son coéquipier, un amour fraternel en quelques sorte.

Et comme disait Shakespeare, l'amour ne voit pas avec les yeux mais avec l'âme.

Alors de là à citer Shakespeare, ce n'est pas pour autant que la fin du film ressemble à la vision mortelle de l'amour par l'auteur britannique hein !

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

Pour les acteurs il n'y a rien à dire, c'est impeccable ! J'ai adoré la performance de Josh Brolin, il est le moteur humoristique du film quasiment, "Molto Pancake.. Molto Pancake..Molto Pancake..!" (si j'écris bien le truc déjà..). Sa relation brutale et complice avec Doc est tordante, il arrive à créer des situations ambigus, comme quand il défonce la porte et commence à déblatérer tout un tas de mots relevant du délire, puis ni une ni deux il joint le geste à la parole et bouffe toute la préparation "herbeuse" de Sportello, fou ! Et bien sûr il y a Joaquin Phoenix, qui excel toujours autant, il arbore parfaitement ce petit air désabusé, c'est en gros une performance de dingue dans tout les sens du terme ! Katherine Waterston je ne la connaissais pas mais elle dégage quelque chose aussi. Le costume d'époque (superbement retranscrit d'ailleurs) lui va bien. Après pour les autres ils restent tous impeccables, mais comme je l'ai dis plus haut c'est une succession de personnages alors on ne les voit pas beaucoup...

Inhérent Vice (2015), Paul Thomas Anderson

En bref ce film se perd dans un scénario alambiqué qui perdra une grosse partie des non-initiés aux films de Paul Thomas Anderson, et encore...je n'irai pas jusque là. Je dirais, sans passager par quatre chemins, que c'est le scénario qui est trop foutraque, alors je ne vais pas culpabiliser de n'avoir "pas compris", il n'y a pas tant que ça à comprendre, c'est juste un film qui ne se prend pas au sérieux mais qui a loupé le coche. Mais la forme est succulente quand même, cette esprit vintage et sa "coolitude" reste magnifiquement retranscrit à l'écran. Il faudra donc compter sur la forme et non sur le fond, ainsi que sur des acteurs dans une forme olympienne ! Merci Josh Brolin au passage. C'est un film délirant (auquel on aurait tout de même pu trancher 30 bonnes minutes), soit on aime, soit on passe à coté. Mais ce polar au scénario tentaculaire, ou s'entrechoque fumeurs d'herbes, amour figé dans le temps et bouffeurs d'herbes (!) ne m'a pas pleinement satisfait.

Trop psyché :  11,5/20

Commenter cet article

Mina 09/03/2015 22:51

Re bonsoir Alex, ^^ tout d'abord, continue à utiliser cet excellent VERBE, tes critiques deviennent plus pointues et plus qu'intéressantes à lire :)
Pour ma part , ma critique sera celle de moi et Bond "entremêlée" et risque d'être totalement différente de bcp d'avis. Au final, peu importe la trame de l'histoire (plus que basique au niveau de l'enquête à proprement parler et du contexte de l'époque, très bien mise en avant. par ailleurs), comme tu le soulignes parfaitement, Doc reste le personnage central de cette histoire et les autres servant de prétexte au bon déroulement de l'enquête, de mon humble avis (et celle de Bond), nous y avons vu une autre lecture : celle de la manipulation du réal qui fait joue joue avec son personnage central, se sert de la trame d'un roman pour y mettre tout autre chose... et c'est la toute fin (dans la voiture) qui nous a permis d'y lire cette lecture (restant propre à nos deux ressentis)... une continuité d'analyse de The Master...Bref, je vais m'atteler à cette double/critique (pas évidente vu que je vais retranscrire pour deux). Je vais dans ta critique de Bond/Craig ;)

Cine7Inne (Alex*56*) 09/03/2015 23:27

J'attends de lire ta critique, demain pour moi si tu l'as poste ce soir ! Comme ça on pourra en parler dans les détails.

scarface1972 07/03/2015 22:24

Merci pour ta critique, j'ai retenu aussi la scène avec la saucisse et le regard de Doc', culte le regard halluciné :)
Moi aussi j'ai été perdue dans ce film, trop de choses qui partent en live et du coup à la fin voilà chiot perdu :)
en tout cas, chapeau à toutes les personnes qui font un blog comme le tien.... bye Alex-a

Cine7Inne (Alex*56*) 09/03/2015 19:36

C'est pas que j'ai été perdu, j'ai compris le gros de l'histoire mais je trouve que c'est PTA qui fractionne trop son film en fait.

Shelby le Magnifik (Joe) 07/03/2015 16:32

Salut Alex, j'aime bien ta critique, même si j'avoue avoir été un peu plus généreux que toi quant à la note, mais c'est vrai que le soucis majeur de ce film reste la longueur. Un film plus court aurait été mieux adapté.
Je t'incite, si tu le souhaites à lire la mienne, qui n'est peut être pas objective pour le coup je ne sais pas... A toi de voir. Joe D.

http://theymademedoit-net.over-blog.com/

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents