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American Sniper (2015), Clint Eastwood

Publié par Cine7Inne (Alex*56*) sur 21 Février 2015, 15:21pm

Catégories : #Critiques de films, #Drame, #Guerre, #Biopic

Me revoilà avec mon deuxième film de l'année, American Sniper que j'avais à cœur de voir depuis plusieurs mois déjà. Je m'attendais plus ou moins à ce que j'ai pu voir ce soir au cinéma, plus ou moins car il y a deux aspect qui m'avait sauté aux yeux dans la bande annonce, le premier aspect étant cette tension palpable qu'on pouvait ressentir à travers le viseur de Bradley Cooper lors d'un choix crucial opposant la sécurité de ses "frères" d'armes et l’innocence corrompu par la guerre de soldats angéliques, les enfants... Et le deuxième aspect qu'on pouvait desceller directement dans la bande annonce étant son tranchant réaliste dans la mise en scène.

Mais la vision que j'en avais au premier abord ce modifie légèrement quand on voit le film dans sa globalité, pas à l'extrême bien sûr mais les petits détails peuvent parfois changer l'attention que l'on porte à un film...

American Sniper (2015), Clint Eastwood

Synopsis : Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

American Sniper (2015), Clint Eastwood

Derrière les guerres, et les pertes toujours tragiques qui en résultent, ils y a des Hommes, avec de la chaire, du sang, et une conscience plus ou moins enfouille pour pouvoir ce créer un masque de fer sur lequel les visions d'horreurs se brisent. Mais on se rend vite compte que ce masque, une fois enlevé lorsque le soldat rentre au bercail, était en argile, et que les fissures s'y était accumulées... C'est cette angle de vue que prend Clint Eastwood pour nous raconter la vie de Chris Kyle, interprété avec aisance par Bradley Cooper. Un angle qui prend en compte le patriotisme exarcerbé de la patrie amércaine, on pourrait bien sûr lui en tenir rigueur mais franchement si on regarde de plus près les médias américains ou les discours de leurs concitoyens, c'est dans leur nature le patriotisme, ce n'est donc qu'un pan de la réalité cette fois-ci, ça sert au film pour une fois. 

American Sniper (2015), Clint Eastwood

Comme je le disais en introduction je pensais qu'il y aurait plus de scènes dîtes à "tensions", comme la scène dans la bande annonce lorsqu'il hésite à tirer sur l'enfant c'est palpable comme émotion ! Mais il y en a que deux, voir trois, en comptant celle-ci. Ca créer un enjeu je trouve ce genre de scènes, des enjeux moraux et vitaux pour les protagonistes, et sur l'éthique de chacun des spectateurs ! Est-ce que j'aurais tiré ? Aurais-je simplement eu la force d'appuyer sur la gâchette ? Qu'est-ce qui se passe dans sa tête à ce moment là ? D'innombrables questions émotionnelles sont à l'origine d'un effet de fascination ! Donc il est dommage de ne pas en avoir eu plus, surtout qu'à un moment il y a un sniper ennemi, ça aurait mérité quelques face à face plus poussé, j'ai trouvé ça dommageable, mais en même temps ça permet de ne pas glorifier seulement deux hommes dans une guerre ou les intervenants sont multiples ! Dilemme entre l'émotion et le réalisme donc, il fallait en choisir un à defaut de réunir les deux.

American Sniper (2015), Clint Eastwood

Ce qui nous scotch dans ce film c'est la claque que nous met ce coté si réaliste, lors des interventions militaires pour sécuriser des bâtiments on dirait presque des illustrations d'un documentaire de guerre ! Avec une photographie jouant plus sur les couleurs bien sûr ! Franchement la reconstitution des lieux et des corps de l'armée sont bluffante, une projection parfaite de l'instabilité irakienne de l'époque. Après pour les tenues militaires ça doit pas être la chose la plus dur à avoir au cinéma mais quand même. Mais il n'y a pas que la guerre qui se doit d'être convaincante au niveau de la mise en scène, il y a aussi le post-Irak lorsque les vétérans rentrent à la maison, Home sweet Home, et les différents troubles psychologiques liés à la guerre. Sur ce sujet là, le réalisateur chevronné arrive à tenir la distance, il adore d'ailleurs montrer la souffrance de son personnage par des jeux d'ombres sur le visage de Bradley Cooper, une métaphore avec les ombres sur le mal qui le ronge intérieurement. Après c'est pas aussi poussé qu'une thèse de Jung mais c'est suffisant pour nous éclairer sur les ravages de la guerre.

American Sniper (2015), Clint Eastwood

Par contre la violence de certaines scènes m'a surpris ! Je ne vais pas dévoiler le déroulement précis de ces passages mais je ne m'attendais pas à ce que ça soit aussi cru, d'habitude c'est plus édulcoré, c'est la plus grande partie du temps suggéré même, mais la on commence à voir une horreur avant que le montage ne change de plan. Et c'est un des gros points fort du film pour moi, car quand on parle de guerre comme celle-ci on ne censure pas la violence, après il y a certaines limites à ce qu'on peu montrer ça va de soi. Toutefois j'ai pu prévoir deux scènes du film, la première étant trop évidente car l'ouverture était donnée grâce à un potentiel effet cinégénique, sans trop spoiler les draps m'ont aidés ! Et la dernière c'est la scène finale, ou je trouve que Eastwood a trop voulut jouer sur le "pressentiment" de Sienna Miller, voilà !

American Sniper (2015), Clint Eastwood

J'aimerais parler maintenant de la performance des acteurs du film, tout en commençant bien évidemment par Bradley Cooper. Si vous voulez on ne remarque aucune extravagance dans son jeu, il n'en fait pas des tonnes et garde un naturel dans son interprétation formidable. On ne regarde même pas comment il "joue", il nous emporte simplement avec lui, même lorsque son personnage retourne chez lui il arrive à garder une certaine forme sobriété dans le trouble qu'il doit jouer, franchement excellent donc. Meilleur que la performance de Steve Carell dans Foxcatcher ! Pour les seconds rôles militaires je dois avouer qu'ils ne m'ont pas marqués plus que ça, pour une seule et bonne raison... Ils se ressemblent tous physiquement sous leurs uniformes de l'armée américaine ! Il faut donc sortir des ruines irakiennes pour pouvoir distinguer des visages familiers et enfin apercevoir le visage angélique mais dur à cuir de Sienna Miller, elle n'a peut être pas le plus beau rôle comme ça, mais elle représente la souffrance en silence, une minorité dans le film qui pèse lourd par son ampleur psychologique !

American Sniper (2015), Clint Eastwood

En bref ce film reste une des pointures de ce début d'année 2015 ! D'un réalisme tranchant et d'une mise en scène authentique comme sait les faire le vétéran du cinéma, Clint Eastwood ! Rien d'édulcoré donc dans cette allégorie patriotique du soldat en perdition, souvent rongé par les cris des disparus aux champs de guerre, bouffé par la culpabilité de ne pas avoir pu en faire plus, un triste sort dont le réalisateur prend le partie, à défaut de vite expédier les citoyens irakiens peut être ? A voir. Et puis la performance de Bradley Cooper impressionne par son aisance à interpréter Chris Kyle, le sniper américain le plus "prolifique" de l'histoire. Je ne connais pas la vraie histoire de cet homme, mais il ne m'étonnerait qu'à moitié que sa légende est été bonifiée. Sinon le générique de fin est trop, mais alors trop patriotique pour pouvoir lui trouver une utilité dans ce film, dommage !

Pour le coup Stalingrad reste mon film de Sniper préféré !

Percutant :  15/20

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Commenter cet article

Mina 22/02/2015 02:26

Bonsoir Alex, bon Alexandra (Scarface^^) l'a vu et aimé, Maxime L'a vu et aimé et j'en oublie d'autres d'allo qui ont apprécié aussi : je suis en retard :)))
Pour ma part, je vais le voir demain et je viendrai te poster mon premier ressenti avant ma critique dans le blog (+ la tienne en rajout, comme d'hab et celle de Flo, je vais aller voir s'il l'a vu :).
Merci pour ta très bonne critique ^^ Je ne connais pas le vrai Kyle (comme toi) et j'espère apprécier le regard de Clint Estawood : ces dernières années, son cinéma m'intéresse bcp moins. On en reparlera mieux après mon visionnage de demain. Très bon dimanche :)

Mina 25/02/2015 00:59

Bonsoir Alex, je viens te remercier pour ton com dans le blog ^^ Je n'ai pas aimé le film de Eastwood mais on reparlera tranquillement ^^ demain, c'est Birdman et je viendra te donner mon premier ressenti. Je posterai dans la semaine mes deux critiques. Douce nuit A + :)

maximemaxf 22/02/2015 02:09

Ta critique est très convaincante que ça soit dans tes arguments sur le jeu de Cooper, la mise en scène et la photographie du film sans oublier la citation des éléments sur l'Irak et la tension qui y régnait à l'époque. Il faut aussi replacer ce film dans le contexte dans lequel il se déroule, les évènements du 11 septembre ont tout déclenché et c'est à partir de ça que l'on voit Chris Kyle être confronté à la guerre de près, mais aussi de loin avec ce qui en ressort du personnage.

Cine7Inne (Alex*56*) 22/02/2015 02:15

Oui, on voit la révolte et l'injustice dans les yeux du personnage lorsqu'il voit la nouvelle à la télévision. J'ai oublié d'en parler car le moment est bref, mais important comme tu l'as dis. Après quand il arrive sur le terrain ça prend une autre ampleur, la réalité et la peur de mourir fait ressortir les instincts de chacun. En tout cas merci d'avoir pris le temps de lire ma critique Max !

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