Cine7Inne

Cine7Inne

Le cinéma est inné, on naît avec, on vit avec, on meurt avec !


Clouds of Sils Maria (2014), Olivier Assayas

Publié par Cine7Inne (Alex*56*) sur 3 Octobre 2014, 19:26pm

Catégories : #Critiques de films, #Drame

J'ai attendu un bon mois et demi pour voir ce film ! Le voir en v.o bien sûr. Et je ne suis pas déçus, le film tiens toutes ses promesses, même si la bande annonce est trompeuse sur quelques situations dans le film, la magie du montage ! Les actrices sont excellentes, même Kristen Stewart (très naturelle) qui a la réputation d'être figée dans ses rôles, le film indépendant lui va plutôt bien donc !

D'ailleurs je préfère le titre en version originale, c'est plus poétique et amène vraiment un lien avec l'histoire.

Clouds of Sils Maria (2014), Olivier Assayas

Synopsis : À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l'autre côté du miroir, dans le rôle d'Helena...

Kristen Stewart dans un de ses meilleurs rôles

Kristen Stewart dans un de ses meilleurs rôles

Avec le film que j'ai vu hier le contraste est donné, la profondeur de l'histoire est plus aboutie, plus travaillée. On apprécie les messages délivrés lors du déroulement de ce récit captivant. La place d'une actrice dans le monde du cinéma, autant la plus expérimentée qui a déjà une carrière derrière elle et apprend difficilement les codes d'aujourd'hui qui ne sont radicalement plus les mêmes, ou encore la starlette, qui elle, joue avec ces fameux codes (paparazzis, films de science-fiction, une des tabloïds, excès en tout genre pour faire le buzz etc).

Clouds of Sils Maria (2014), Olivier Assayas

Clouds of Sils Maria me fait penser à Maps To the stars, le film de Cronenberg. Cette satyre d'Hollywood a énormément de point communs avec le film de Assayas, la relation entre l'actrice vieillissante et son assistante, les jeunes premiers qui débutent avec fracas dans le métier de comédien, les dessous du cinéma sont aussi dévoilé, les coulisses de se cercle très fermé, bien que dans Couds of Sils Maria il est plus question d'une pièce de théâtre. Une bonne ressemblance puisque j'ai aimé le Cronenberg autant que le film d'Assayas !

Clouds of Sils Maria (2014), Olivier Assayas

Les lieux de tournages sont idéalement choisis pour instaurer des scènes intimistes et rapprocher le spectateur de ses protagonistes. Quoi de mieux que les lacs suisse des Alpes, le paysage de montagne de Sils Maria (qui est un village des Alpes à 1800 mètres d'altitude), ou encore les points de vue surélevés qui laissent placent à de magnifiques paysages et au "serpent de maloja", se banc de nuages qui s'effile sur des kilomètres en s'enlaçant autour des montagnes. Non la mise en scène est bien léchée, les transitions fondus sont mis au bon moment.

Clouds of Sils Maria (2014), Olivier Assayas

Le réalisateur à également fait le choix de diviser sont film en deux parties, ou plutôt en deux chapitres, avec un épilogue d'environ 20/30 minutes. Le premier chapitre installe les personnages de Maria Enders (Juliette Binoche) et son assistante Valentine (Kristen Stewart). Ce premier chapitre repose plus sur le choix que Maria doit prendre de reprendre ou pas le rôle de Helena, qui fera face à Sigrid, un personnage qu'elle avait déjà interprétée dans sa jeunesse. On la suit dans ses décisions, car elle doute de la reprise et du face à face avec cette jeune actrice (jouée par Chloë Moretz), elle n'est pas satisfaite de l’interprétation de la pièce, des doutes qui entraîneront donc des dialogues entre elle et son assistante d'une forte intensité, très intéressant par leurs double sens.

Leurs vies personnelles va vite se confondre avec "Maloja Snake", la pièce de théâtre, car la double lecture est subtile. Valentine défend les blockbusters et les acteurs qui jouent dedans en expliquant que même avec des films en 3D on peut être bouleversé, et Maria se moque littéralement de ses choix, devenant presque méprisante. Lors des répétitions en face à face on est en plein dedans.

Le trio (avec un Olivier Assayas coupé en deux) à Cannes

Le trio (avec un Olivier Assayas coupé en deux) à Cannes

Les nombreuses ambiguïtés du film font participer le spectateur, ainsi que sont imagination. J'adore car entre les monologues captivants et les paysages somptueux on sent une touche de poésie qui flotte sur le film, un mixe mélancolique...

Les actrices ni sont pas pour rien, au contraire, je redécouvre Kristen Stewart (qui d'ailleurs, en ayant pris l'exemple de Maps to the stars pour faire la comparaison, voit les deux comparses de Twilight sous un nouveau jour. Pattinson (nouvel acteur fétiche?) chez Cronenberg et cette dernière chez Assayas), qui donne la réplique avec talent à une Juliette Binoche très théâtrale. Quant à Chloë Moretz sont rôle est moins recurrent, mais sont personnage de fausse écervelée est subtil et très bien incarné par notre jeune américaine, qui à l'image de son personnage, est en pleine expansion dans le business hollywoodien.

Un casting féminin de choix que Olivier Assayas a su mettre ne valeur.

Et la fin qui nous amène à la première représentation de la pièce est excellente, on voit le vrai visage et l'évolution des personnages. Je vais pas trop raconter la tournure, car j'en ai déjà dis pas mal, mais l'interprétation que je m'en suis fait me va parfaitement, et j'adore cette fin, surtout le plan final qui marque l'accomplissement d'une de nos héroïnes.

En bref ce film est porté par des actrices talentueuses, on apprécie la Kristen Stewart des films d'auteurs ! Les dialogues et les opinions sur lesquels Valentine et Maria débattent sont passionnants et tellement vrais. Le côté poétique de la montagne apporte un plus au script, c'est directement lié à la pièce Maloja Snake qui justement tire son nom d'un phénomène naturel montagneux. Un drame avec un double sens de lecture !

Passionnant :  16,5/20

Commenter cet article

Mina 04/10/2014 01:32

Bien, bien, tu m'intrigues par rapport au jeu de Kristen Stewart donc je le regarderai pour Binoche avant tout et pour ta critique qui donne vraiment envie, ayant, moi aussi, aimé le dernier Cronenberg !

Cine7Inne (Alex*56*) 04/10/2014 01:37

Oui j'ai trouvé Kristen Stewart étonnamment naturelle, elle tient la dragée haute à Binoche avec un rôle de composition fait pour elle. Franchement je l'ai redécouverte. Et il y a pas mal de similitude avec Maps To the stars, bien que ce dernier soit plus trash quand même.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents